Alexandre Soljénitsyne Révolution et mensonge

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À l’occasion du centenaire de sa naissance et du dixième anniversaire de sa mort, l’Institut de France s’apprête à célébrer Alexandre Soljénitsyne, ce géant du XXe siècle, en novembre 2018.

Pour fêter cette année Soljénitsyne, les éditions Fayard publient Révolution et mensonge, qui contient trois textes dont un texte inédit : Deux révolutions, la française et la russe, qui date de 1984, où Soljénitsyne confronte ces deux monuments de l’histoire.

Ces trois textes tirés des Écrits politiques de l’auteur de L’Archipel du Goulag nous éclairent sur son moteur intérieur : vivre sans mensonge ! Le texte ainsi intitulé date de février 1974, au moment où Alexandre Soljénitsyne va être arrêté pour la seconde fois, puis expulsé vers l’Allemagne, proscrit. A tous ceux qui disent : impossible de rien faire chez nous !, Soljénitsyne lance ce cri : Vivez sans mensonge, dans les petites comme dans les grandes choses… Une fois installé contre son gré en Occident, d’abord en Suisse, puis en Amérique, parallèlement aux six mille pages de sa Roue rouge qui fouillent les ressorts du désastre qui a mené la Russie à la ruine, il tente d’en donner une analyse idéologique. Ces trois courts textes regroupés sous le titre : Révolution et mensonge pourraient ainsi constituer la conclusion de La Roue rouge, qui, comme toute grande œuvre romanesque, n’a ni conclusion ni « morale » évidente. Dans le deuxième récit : Leçons de Février (1983), l’auteur se demande pourquoi une monarchie tricentenaire, et encore populaire, est tombée en trois jours. Faute de force intérieure, faute de savoir penser et parler vrai ? Dans le troisième : Deux révolutions : la française et la russe (1984), le dissident du libéralisme, du ready- made idéologique retourne le fer contre l’Occident et tente de comparer la glissade dans le mensonge et la violence de deux révolutions.

Traduit par Nikita Struve, José Johannet, Georges Philippenko et Georges Nivat

Alexandre Soljénitsyne (1918-2008) a obtenu le prix Nobel de Littérature en 1970. Déchu de sa nationalité en 1974 après la parution en Occident de L’Archipel du Goulag, il fut expulsé d’URSS, émigra aux Etats-Unis, où il vécut vingt ans avant de revenir en Russie. L’Archipel du Goulag est sa première « cathédrale » d’écriture, selon l’expression de Georges Nivat, La Roue rouge (sur le « déraillement » de l’histoire russe) en constituant la seconde.

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