Cette France qui veut tuer Moussa

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Mardi 12 juin, le Tribunal de Grande Instance de Lyon a rendu sa décision concernant Fodé Moussa Camara, alias Moussa, demandeur d’asile homosexuel guinéen (et militant de AIDES à Nîmes) poursuivi pour avoir refusé d’embarquer dans l’avion qui le chassait du territoire français en mai dernier.
Contre toute raison, les juges ont décidé de prononcer la condamnation de Moussa à deux mois d’emprisonnement et à deux ans d’interdiction du territoire. Dans la pratique, cela revient à l’empêcher définitivement d’espérer trouver asile en France. Identifié comme homosexuel en Guinée, Moussa risque la mort dès son atterrissage.

Cette situation illustre, à plus d’un titre, l’atmosphère de xénophobie d’État qui caractérise la politique du gouvernement sur la question de l’asile et de l’immigration. En prononçant cette condamnation, l’État français témoigne de son refus d’appliquer en pratique la Convention de Genève de 1951, supposée garantir la protection des personnes face aux persécutions. Fait oublié, cela concerne de nombreuses personnes homosexuelles et transgenres.

Avec les propos du Ministre de l’Intérieur sur le “benchmarking des migrants”, il adopte toute honte bue les thèses de l’extrême-droite en accordant toujours plus de crédit à l’idéologie xénophobe, véhiculée de Le Pen à Gérard Collomb en passant par Manuel Valls, qui participe d’un continuum politique scandaleux, résolument contraire au droit et aux engagements internationaux de la France.

Les conditions du procès qui nous sont rapportées illustrent le “deux poids deux mesures” dans l’organisation des audiences. En refusant la présence d’un traducteur compétent, le TGI refuse d’appliquer la Convention Européenne des Droits de l’Homme, qui stipule depuis 1950 que toute personne a droit à un procès équitable. De ce point de vue, les méthodes méthodes françaises n’ont rien à envier aux méthodes turques ou russes..

La Fédération LGBTI+ et ses associations expriment sans réserve leur solidarité à Moussa et à l’association AIDES, qui le soutient par des mobilisations exemplaires. Nous appelons les député·e·s et le Président de la République à prendre leurs responsabilités, pour que la France ne soit pas une nouvelle fois suspecte de complicité de crime contre l’humanité.

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