Deux mille ans de sodomie : QUELLES SONT LES PRATIQUES SEXUELLES DES JEUNES DE NOS JOURS?

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Selon les résultats de cette enquête menée depuis 1990 auprès de 45.000 personnes au Royaume-Uni, les rapports vaginaux sont toujours ceux les plus pratiqués. En revanche, l’engouement pour le sexe anal et oral s’est fortement développé ces dernières années chez les 16/24 ans: en 1990, seules 10% des personnes déclaraient pratiquer la fellation et la sodomie. Depuis les années 2010, ce taux est passé à 25% chez les hommes et à 20% chez les femmes.

Avant même Jésus Christ et son épopée, les rapports anaux sont décriés. À Rome, on le nomme « le vice grec », mais les citoyens romains le pratiquent avec les esclaves et les affranchis…  Mais gare, malgré le plaisir et certains sentiments amoureux, dès 149 av. J.C, la Lex Scatinia condamne à 10 000 sesterces (10 fois le revenu annuel d’un ouvrier agricole) celui qui assume le rôle passif lors de rapports homosexuels entre citoyens adultes. Cela ne semble pas valoir pour Jules César (100-44 av. J.C.) dont la vie notoirement bisexuelle fut rapportée par Cicéron, Plutarque et Suétone…  Ni pour l’empereur Héliogabale dont les frasques, la pléthore de favoris, les mariages arrangés sans avenir et le conflit entre ses deux amants en titre, Zoticus et Hiéroclès, créeront le mythe (monté sur le trône à 14 ans, il le perd à 18 ans et se suicide)…

Le terme de sodomie vient du nom de la ville de Sodome qui, selon la Bible, fut détruite par Dieu après que ses habitants eurent tenté de violer des anges de Dieu réfugiés chez Loth, le neveu d’Abraham (cf. l’épisode de Sodome et Gomorrhe). Dans cet épisode, il n’est pas explicitement fait mention de la sodomie telle qu’on la définit actuellement : les autres références au péché de Sodome dans la Bible évoquent plutôt le manque au devoir d’hospitalité très important dans le Proche-Orient ancien (Ez. 16,49 ; Jr. 23,14 ; Sir. 16,8 ; Lc 10,10-12). L’interprétation en termes de sodomie ou d’homosexualité commencerait à apparaître avec les apocalyptiques juives tardives et chez les juifs hellénisés au début du IIe siècle. Origène (185-253) et Saint Ambroise de Milan (340-397), pourtant grands ennemis du péché de chair, évoquent le manquement à l’hospitalité. Sans doute en référence aux alliances interdites entre les fils de Dieu et les filles d’humains qui provoquent la colère de Dieu en Gen. 6,1-4, les commentaires juifs attribuaient des relations interdites entre les femmes de Sodome et les anges. Ainsi, jusqu’au XVIIe siècle, le terme sodomie recouvrait un ensemble de relations sexuelles réprouvées, pas seulement anales ou homosexuelles. Dans certains contextes, notamment les classifications légales de certains États fédérés des États-Unis, le terme anglais sodomy (en) inclut d’autres pratiques sexuelles jugées déviantes par certains, notamment le cunnilingus et la fellation (contact entre la bouche et le sexe). En allemand (Sodomie) le terme ne fait aucunement référence à la pénétration anale mais désigne la zoophilie.

D’une manière similaire, le terme « bougre » (du latin Bulgarus, qui donne l’ancien français bogre) désignait à l’origine les bogomiles (« amis de Dieu » du bulgare Bog« dieu » et mile « ami »), membres d’une secte bulgare hétérodoxe proche des mouvements cathares. On avait accusé ces bogomiles du péché de sodomie afin — entre autres — de les tourner en dérision. « Bougre » en est donc venu à ne plus désigner les seuls Bulgares bogomiles, mais aussi de manière injurieuse les sodomites. Par affadissement, le terme a désigné un « gaillard » et enfin un « individu ». Le cognat anglais bugger (en) a gardé le sens original de sodomite.

Statistiques en France et aux USA

Quinze ans après la deuxième enquête nationale sur le comportement sexuel des Français (ACSF, 1992), l’INSERM, l’ANRS et l’INED ont réalisé une nouvelle enquête « Contexte de la Sexualité en France » auprès des 18-69 ans. Selon cette enquête, 37 % des femmes et 45 % des hommes en ont déjà fait l’expérience (contre respectivement 24 % et 30 % en 1992). Toutefois, la pratique reste marginale puisque 12 % des femmes de 25-49 ans disent la pratiquer souvent ou parfois. L’analyse détaillée de l’enquête ACSF montrait que la sodomie n’était pratiquée qu’avec une fréquence de 1 à 3 % au cours d’un rapport sexuel.

Longtemps taboue, la sodomie reste dans l’inconscient collectif connotée comme un acte contre nature et humiliant. Pourtant, elle est de plus en plus répandue au sein des couples. Selon la dernière enquête sur la sexualité en France, 37,3 % des femmes et 45,1 % des hommes l’ont déjà expérimenté et 9,2 % et 14,2 % en ont respectivement une pratique régulière

Aux États-Unis, la sodomie n’est pas non plus entrée dans les pratiques régulières des Américains : 9 % des personnes interrogées lors de la grande enquête nationale NHSLS (National Health and Social Life Survey, conduite en 1992) disaient avoir eu un rapport anal au cours de l’année écoulée et seulement 2 % des hommes et 1 % des femmes, lors de leur dernier rapport sexuel. Des chiffres tout à fait similaires à ceux de l’étude nationale australienne ASHR conduite en 2001-2002 : 0,9 % des hommes et 0,7 % des femmes âgés de 16 à 59 ans avait pratiqué la sodomie lors de leur dernier rapport sexuel.

 

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