Extrait du « Dictionnaire amoureux de la liberté » de Mathieu Laine

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Qu’en est-il aujourd’hui dans les sociétés qui placent la femme sous d’autres règles que celle du droit positif, la charia notamment ? Je vis depuis peu à Londres, où la question est beaucoup plus banalisée qu’en France, et où il n’est pas rare de croiser des femmes intégralement voilées, intégralement gantées.
 En tant qu’amoureux fou de la liberté, je suis bien sûr tenté de considérer que chacun, chacune, est libre de s’habiller, de se coiffer, de sortir dans la rue comme il l’entend. Chacune est libre de ses croyances et de ses implications dès lors qu’elle le choisit pour elle-même, en être authentiquement libre, débarrassée des pressions ou des menaces.
 Dans le cas inverse, elle devient immédiatement esclave non consentante et mérite la plus efficace des protections. Mais le problème que pose le voile intégral à la liberté se niche à mon sens – et très modestement, puisque je ne prétends en aucun cas être spécialiste de théologie – plus en amont, dans une idéologie radicalisée et une interprétation biaisée des textes qui oblitèrent de plus en plus le libre arbitre et la décision non tant chez la femme que… chez l’homme lui-même : ce dernier serait-il incapable de décision, de maîtrise, de contrôle, s’il faut, pour qu’il ne cède pas à la « tentation » (si tant est bien sûr que la femme soit « tentatrice »), soustraire son objet à sa vue ? Infantilisation totale, mise sous clé de la télécommande ou de la boîte de gâteaux, plutôt que travail adulte et responsable sur soi et ses pulsions de séduction ou de sexe : en cachant la femme, c’est non seulement la femme que l’on emprisonne, mais aussi l’homme, qui se doit, parce qu’il est homme, de ne pas être un porc et que l’on prive de la dignité d’agir en être libre et responsable.
Si je respecte le voile, la croix ou la kippa, portés comme on exprime librement une croyance, un choix spirituel, je suis intolérant aux tartufferies faussement viriles (en réalité a-viriles !) d’une domination par l’asservissement et la mise sous tutelle de tissu de toutes ces femmes qui, au fond d’elles, ne veulent pas de leur prison vestimentaire parfois grillagée, mais n’osent ou ne peuvent s’en libérer.

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