Halte au « bonheurisme » !

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Pavé dans la mare : l’entreprise doit-elle viser le bonheur de ses salariés ? Absolument pas, répondent la philosophe Julia de Funès et l’économiste Nicolas Bouzou, pour qui il est urgent de se libérer de « l’idéologie bonheuriste ». Foin de câlinothérapie ! Parce qu’il est indéfinissable, qu’il n’est pas un état stable et dépend souvent d’autres que soi, le bonheur ne peut et même ne doit pas être rechercher par l’entreprise. Celle-ci doit être le lieu de l’effort, du travail, de l’investissement, du risque, estiment les auteurs qui démontent implacablement les modes de managements les unes après les autres. Ils voient dans cette nouvelle obsession du bien-être l’apparition d’une morale « utilitariste », à l’américaine, en lieu et place d’une morale républicaine. Or l’entreprise n’est ni un parc d’attractions, ni une équipe de foot. Et d’ailleurs, la quête affichée du bonheur « sonne faux, comme un décor en carton-pâte », jugent-ils.
Si l’entreprise ne doit pas succomber à certaines sirènes du développement personnel, elle ne peut néanmoins rester passive, au risque de voir s’enfuir les meilleurs salariés. Au passage, les auteurs égratignent un nivellement par le bas, qui voit les stratégies RH s’adapter aux éléments les moins bons. Que peut-elle donc proposer ? « Un projet, une stratégie, de bonnes conditions de travail », répondent-ils. Il lui faut surtout favoriser l’autonomie des salariés. Alors, elle pourra transmettre de la joie, « ce sentiment de création et d’accomplissement de soi par soi »

La Comédie (in)humaine. Comment les entreprises font fuir les meilleurs. – Nicolas Bouzou et Julia de Funès, éditions de l’observatoire, 2018

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