INTERVIEW Chrystèle Lerisse – LeWitt & Lerisse

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L’œuvre photographique de Chrystèle Lerisse saisit la poétique de ce qui l’entoure avec une grande subtilité.  Le 6 x 6 cm est le format de prédilection de l’artiste, mais d’autres propositions existent, le noir et blanc ses couleurs et l’argentique son medium. L’exposition LeWitt & Lerisse, qui se déroule du 13 juillet au 15 septembre 2019 à TREIGNAC PROJET en Corrèze, installe un réel dialogue et un croisement entre le travail sur papier de ces deux artistes

Quelle a été la genèse de cette exposition ?

C’est Sam Basu, le responsable de Treignac Projet, qui a eu l’idée de ce croisement d’artistes LeWitt / Lerisse. Il souhaitait présenter des travaux autour de la notion de percevoir le visible de l’invisible : partir du réel pour amener à voir autre chose. J’ai trouvé l’idée très intéressante. D’autre part ce n’est pas la première fois qu’on me parle de Sol LeWitt à propos de mon travail. J’aimais aussi beaucoup l’idée que ce projet se réalise ici en Limousin à Treignac, en Corrèze. Je vis et travaille dans la campagne voisine, en Haute-Vienne, à vingt minutes de Treignac et les projets de cette qualité qui émergent en zone rurale c’est important pour tout le monde.


LeWitt & Lerisse, ce titre fait penser à un duo, est-ce le cas dans cette exposition ?

Lewitt & Lerisse est un croisement d’œuvres de deux générations différentes d’artistes, d’un homme et d’une femme, de deux continents différents, de deux langues différentes et de supports et de techniques différentes, d’une artiste vivante et d’artiste disparu. Pour moi c’est une rencontre plus qu’un duo ; une rencontre avec le mouvement, la lumière et la radicalité.

Quels points communs avez-vous avec Sol LeWitt?

D’aller à l’essentiel avec une sensibilité et une radicalité certaines.

Comment travaillez-vous ?

Je pense, je regarde, je lis, je me promène, je rencontre, je fais. Je nourris mon imaginaire avec tout ce qu’il me semble bon pour lui et j’entretiens mes rêveries. Tout ça m’amenant à ma photographie, de la conception à la réalisation. 

En fait, ce que je photographie est déjà là, construit dans mon imaginaire et n’a plus qu’a rencontrer la réalité pour être saisi et sortir. Certaines de mes photographies attendent plusieurs années avant de voir le jour. Je livre ce que je vois sur le dépoli de mon appareil. Pas de recadrage, pas de retouche. Et je garde souvent le format de ce dernier, 6 x 6 cm. Parfois j’aime aussi revenir à des formats plus grand (9 x 9 cm, ou d’autres), voire plus petits (2 x 6 cm) ! J’aime beaucoup le format carré. Il contient toutes les formes géométriques et il exige la perfection de la composition, l’équilibre entre les lignes horizontales et verticales. Il est sans concession. 

Vous tirez vous-même vos photographies ?

Bien sur ! C’est aussi tout l’intérêt ! Une fois les pellicules terminées, je passe au travail en labo. Je tire mes photographies puis je détruis mes négatifs. Il ne reste que les tirages que j’ai faits, qui sont appelés « vintages », et qui ont toujours été limités. Depuis une vingtaine d’années, je tire 5 exemplaires de chacune de mes prises de vue.

Vous avez également un travail autour de l’édition ?

Oui, le livre fait parti de mon processus créatif. Il est très important pour moi. Il est généralement un extrait de travaux, toujours accompagné d’un texte de personnalité qui ont un regard sur mon travail. 

Il y a plusieurs évènements qui accompagnent l’exposition tout au longe de l’été. Pouvez-vous nous en parler ?

D’abord le vernissage. Moment où se croise beaucoup de personnes, des vieilles connaissances, des nouvelles. C’est un moment où la proposition de l’exposition et de son contenu est offerte aux regards profanes ou initié. Un moment de rencontres.

Il y a aussi les « rencontres artistiques » tous les mercredi, des workshops où nous parlons et travaillons sur la photographie. Chaque participant, novice ou initié, apporte ce qu’il a fait pour le travailler, l’approfondir, être dans une démarche critique enrichissante et nourrissante.

Ensuite la lecture du travail de LeWitt et Lerisse, et de l’exposition par Jérôme Felin, historien de l’art. 

45 minutes de bonheur ! Une histoire est racontée au public et mise aussi dans le contexte de l’histoire de l’art.

Puis il y aura l’intervention de Francis Limérat, artiste plasticien, qui posera son regard d’artiste sur les œuvres et l’exposition et donnera son ressenti au public.

Donc à venir découvrir le dimanche 15 septembre à 15 heures à Treignac Projet, 19260 Treignac Corrèze.

RAPPEL :

EXPOSITION LEWITT & LERISSE 13 JUILLET – 15 SEPTEMBRE 2019

du vendredi au dimanche de 14h à 19h

VERNISSAGE DE L’EXPOSITION SAMEDI 13 JUILLET 2019 à 18h

LECTURE DE L’EXPOSITION PAR JEROME FELIN SAMEDI 10 AOUT 2019 à 16h

« UN ARTISTE REGARDE UN AUTRE ARTISTE » PAR FRANCIS LIMERAT DIMANCHE 15 SEPTEMBRE 2019 à 15h

RENCONTRE HEBDOMADAIRE AVEC L’ARTISTE CHRYSTELE LERISSE ET LE COMMISSAIRE D’EXPOSITION SAM BASU TOUS LES MERCREDIS de 15h à 18h

ENTRÉE LIBRE ET GRATUITE

TREIGNAC PROJET 

2 RUE IGNACE DUMERGUE / 19260 TREIGNAC 

mail : info@treignacprojet.org

+ info : www.treignacprojet.org

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