La bonne surprise de la rentrée cinématographique s’appelle « Petit Paysan »

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le long-métrage français sorti en salles le 30 août. Une fiction qui raconte le combat de Pierre, un petit producteur laitier de Haute-Marne, pour sauver ses vaches de la maladie. Un hommage du réalisateur à ses parents agriculteurs. Pierre a une trentaine d’années. Il élève des vaches dans une exploitation haut-marnaise et sa vie se concentre autour de ses bêtes, sa sœur vétérinaire et ses parents dont il a repris la ferme. Alors qu’une épidémie se déclare un peu partout en France, l’éleveur découvre qu’une de ses bêtes est infectée. Prêt à tout, il ira jusqu’au bout pour sauver son troupeau.

Hubert Charuel, le réalisateur dont c’est le premier long métrage, voulait « rendre hommage à ce métier qui est à part. »
Le cinéaste est né il y a 32 ans à Vitry-le-François et a travaillé dans l’élevage laitier avant de se consacrer au cinéma. Il a tourné Petit paysan en Haute-Marne, dans l’exploitation de ses parents, qu’il a intégrés au casting. « Je ne leur ai pas vraiment laissé le choix, avoue-t-il dans un rire. Ils avaient l’habitude déjà dans mes courts-métrages. »

« Le point de départ était plus une nécessité qu’une envie », explique Hubert Charuel. Le film a pour ambition de dépeindre un monde difficile que le cinéaste a côtoyé de plus près.

« Le sujet m’est venu assez naturellement. J’ai fait ce film davantage par nécessité que par envie. L’histoire de Pierre [le jeune agriculteur qui reprend seul l’exploitation de ses parents, ndlr] est un peu celle que j’aurais dû avoir si j’avais décidé de reprendre la ferme de mes parents. Je pense que faire ce film, inconsciemment, c’était un peu ma manière à moi de reprendre la ferme sur une courte durée tout en disant au revoir à ce monde-là. Le film est d’ailleurs tourné dans la propre ferme de mes parents, qui n’est plus en activité aujourd’hui puisqu’ils ont pris leur retraite juste avant le tournage. Mes parents n’ont pas réinvesti lourdement dans cette ferme, sachant que je ne la reprendrai pas. Les bâtiments ont donc un cachet particulier. Ça sert le propos du film.

On n’avait pas de volonté de dénoncer ou de montrer quelque chose de la réalité paysanne. Je voulais faire de la fiction à partir de cet univers-là et je ne tenais pas à ce que la ferme soit juste un décor. On se sert de certains éléments du monde agricole pour faire monter la tension façon thriller. On joue par exemple sur l’étau qui se resserre via les lois sanitaires. On s’est dit que ça allait servir le récit et, en même temps, c’est vrai qu’on aborde cette problématique-là. Mais c’est l’histoire qui prime dans notre esprit. D’ailleurs, l’épidémie qui se déclare est fictive, elle aussi. Je ne voulais pas faire un film sur la vache folle, par exemple. Et puis je voulais raconter la vie d’un jeune paysan aujourd’hui. Or, la vache folle ou la fièvre aphteuse m’aurait forcé à décaler mon action »

Un film âpre, tendu, sur l’isolement de la ruralité française en butte contre l’exploitation technocratique

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