La masturbation: l’éternel tabou de notre société

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Dans la Grèce antique, jeune homme se masturbant. Planche de Paul Avril, in De Figuris Veneris. Manuel d’érotologie classique, 1906.

Dans la Grèce antique, jeune homme se masturbant. Planche de Paul Avril, in De Figuris Veneris. Manuel d’érotologie classique, 1906.

 

L’étymologie du mot « masturbation » rappelle l’ancienne condamnation morale de cette pratique.

« Le mot « masturbation » a été formé pour la première fois dans la langue française par Montaigne sous la forme « manustupration » dans l’Apologie de Raimond Sebond12e chapitre du deuxième livre des Essais. […] Le mot va coexister pendant plus d’un siècle sous deux formes concurrentes : manustupration et masturbation.

Le premier terme, « manustupration », vient de manus, « la main », et stupratio, « l’action de souiller ». La manustupration serait alors le fait de se souiller par une action de la main, ou encore de se donner du stupre, plaisir honteux, par la main.

Le second terme, « masturbation », vient du latin masturbatio et peut-être du grec mastropeuein, « prostituer ». »

Cette ancienne condamnation morale se retrouve également dans les synonymes de la masturbation : onanisme et abus de soi. Pour éviter cette connotation négative et culpabilisante, on utilise parfois le terme « auto-sexualité » à la place du mot « masturbation ».

  • Dans les sociétés occidentales, des enquêtes par questionnaires ou par entretiens permettent d’obtenir des informations sur la pratique de la masturbation chez les adolescents et les adultes. Il faut noter que ces informations ne sont valables que pour le pays et l’époque où elles ont été réalisées.D’après plusieurs enquêtes, la masturbation est la forme d’activité sexuelle la plus répandue pour la majorité des Occidentaux.L’analyse des réponses des adolescents de 12 à 17 ans aux questionnaires régulièrement soumis aux jeunes membres des sites Internet pour ados, dont certains forums traitent de la sexualité, fournit une image de la vie sexuelle des garçons, et particulièrement de la masturbation. On y apprend ainsi que…
    • l’âge médian de la première masturbation est de 12 ans ;
    • c’est à 13-14 ans que les garçons se masturbent le plus ;
    • plus de la moitié des garçons qui ont commencé à se masturber ont découvert seuls le « mécanisme », souvent par hasard ;
    • qu’à 13 ans, un garçon sur cinq a déjà participé à des séances de masturbations collectives, avec un ou plusieurs copains, tandis qu’un tiers des ados de 13-15 ans souhaiterait tenter l’expérience
  • Âge adulte

    • Des facteurs biologiques, sociaux et culturels influencent la pratique de la masturbation. La grande enquête NHSLS réalisée aux États-Unis dans les années 1990 précise les facteurs qui influencent la fréquence de la masturbation
      • le sexe : les hommes se masturbent plus que les femmes ;
      • l’âge : les jeunes se masturbent plus que les personnes âgées ;
      • l’appartenance ethnique : les Afro-américains se masturbent moins que les autres groupes ethniques ;
      • la religion : les Chrétiens se masturbent moins que les autres groupes religieux ou les athées ;
      • le statut marital : les personnes non mariées se masturbent plus que les personnes mariées ;
      • le niveau d’éducation : plus les personnes sont diplômées, plus elles se masturbent ;
      • l’orientation sexuelle : les bisexuels se masturbent plus que les homosexuels, et ceux-ci plus que les hétérosexuels
      • Santé
      • La masturbation peut avoir des effets bénéfiques sur l’état de santé : selon une étude australienne effectuée auprès de 2 250 hommes âgés entre 20 et 40 ans, les risques de cancer de la prostate diminuent avec un nombre important d’éjaculations. Les chercheurs ont constaté que le risque de développer un cancer de la prostate était inférieur d’environ 33 % chez la plupart des hommes qui éjaculaient fréquemment (cinq fois ou plus par semaine), quel que soit le type d’activité sexuelle, y compris la masturbation. Ce résultat a été confirmé par une autre étude portant sur 30 000 hommes.
  • Comme toute bonne chose l’excès est mauvais. On peut d’abord s’irriter les voies génitales, se transmettre certaines bactéries ou mycoses via des mains sales (candida albicans (mycose),…)
  • Mais surtout la masturbation répétée à un effet défavorable sur l’érection et peut causer des érections molles (serait provoqué par l’habituation au cerveau à l’auto-plaisir)

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