Lutte contre les LGBTIphobies : la communauté mobilisée, la République traîne des pieds

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À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie ce vendredi 17 mai 2019, retour sur une année noire, forte en violences envers les personnes LGBT.  
À l’occasion de la Journée Internationale contre l’Homophobie et la Transphobie, la Fédération LGBTI+ déplore une nouvelle montée du climat de LGBTIphobies sur fond de tensions sociales. Nos associations s’engagent pour que les LGBTIphobies ne soient pas reléguées, comme sujet politique, à une fatalité ou à un marronnier médiatique. La réalité, c’est que dans la lutte contre les LGBTIphobies, l’Etat républicain est à la traîne.

Les gouvernements successifs ne se précipitent manifestement pas pour mettre fin aux diverses discriminations légales. C’est le cas de la procréation médicalement assistée. D’atermoiements en reculades, nous craignons que la poule parlementaire ne finisse par pondre (dans le meilleur des cas) qu’une loi mi-figue, mi-raisin. On devra donc se contenter donc d’un drapeau arc-en-ciel qui pendra paresseusement sur les façades de quelques bâtiments publics. Pour ce qui est de la transphobie, l’agression dont Julia a été victime a certes abouti à une prise de conscience salutaire. Oui : la transphobie est une réalité massive et intolérable. Certes, se déclarer opposé·e à la transphobie est un pas de plus ! Mais ne soyons pas hypocrites : les agresseurs du quotidien sont des transphobes amateurs, en comparaison des transphobes professionnels qui peuplent les annuaires, section “psychiatres”, et les bancs des autorités constitutionnelles. À quand le changement d’état civil libre et gratuit, sur simple déclaration et en mairie ? À quand le respect des personnes transgenres, dans le système de santé et dans le système éducatif, par des règlements et des circulaires qui posent d’emblée l’identité de genre comme relevant de l’auto-détermination de la personne (y compris mineure) ? Sans étonnement, quand il en est question d’action, nombre de ces opposants officiels à transphobie se métamorphosent en partisans de la “politique des petits pas”. 

Face à l’atonie relative de l’action publique (et malgré l’engagement des secteurs de l’Etat les plus actifs, comme la DILCRAH ou le Défenseur Des Droits), les associations mènent un travail de terrain et entreprennent de déplacer des montagnes, pierre par pierre. Qu’il s’agisse d’elle-même ou de ses associations membres, la Fédération LGBTI+ constate que les moyens – notamment financiers et humains – ne suivent pas. Contrairement à d’autres Etats européens, la France bloque pour professionnaliser l’action de lutte contre les LGBTIphobies et permettre de soulager les bénévoles. Dans une telle situation, seule la solidarité communautaire fait ses preuves. Adhérer, donner, s’investir ou rejoindre les mobilisations sont manifestement les seuls moyens assurés dont nous disposons pour améliorer le quotidien et la condition des personnes LGBTI+. La Fédération lGBTI+ invite toutes les personnes à qui la lutte contre les LGBTIphobies tient à cœur à se mobiliser à l’occasion à l’occasion des nombreuses Marches des Fiertés organisées par les associations en France.

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