Musée Marmottan Monet : Corot. Le peintre et ses modèles

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Placée sous le commissariat de Sébastien Allard, conservateur général du patrimoine et directeur du Département des Peintures du musée du Louvre, l’exposition «Corot. Le peintre et ses modèles» est la première manifestation parisienne dédiée à l’artiste depuis la grande rétrospective du Grand Palais organisée en 1996. Présentée au musée Marmottan Monet du 8 février au 8 juillet 2018, l’exposition réunit un ensemble exceptionnel de peintures de figures et célèbre la part la plus personnelle, la plus secrète mais aussi la plus moderne de la production de l’artiste.
Connu avant tout pour ses paysages et ses études sur le motif qui ouvrent la voie à la modernité des impressionnistes, Camille Corot fut aussi un peintre de figures. Le maître, cependant, garda cette partie de sa production dans le secret de son atelier; c’est à peine si ses œuvres se diffusèrent, de son vivant, auprès de quelques amis, marchands ou collectionneurs.

L’exposition rassemble une soixantaine de ces figures provenant des plus prestigieuses collections publiques et privées d’Europe et des Etats-Unis (musée du Louvre, National Gallery de Londres, Metropolitan Museum de New York, National Gallery de Washington, Kunsthalle de Hambourg, Belvedere de Vienne, Fondation Collection Bührle de Zurich…), et entend rouvrir ce dossier encore trop peu connu. De grand chefs-d’œuvre sont présentés comme la célèbre Femme à la perle, la Dame en bleu du Louvre ou l’impressionnante Italienne de Londres, autrefois dans la collection du peintre Lucian Freud, mais aussi des œuvres, tout aussi éblouissantes, mais rarement vues, comme certains de ses nus

Il s’agit là de la part la plus intime de la production de cet artiste mondialement célébré pour ses paysages. L’exposition propose de découvrir les portraits qu’il fit de ses proches, et surtout le secret de son atelier où posèrent les modèles les plus fameux de l’époque (comme Emma Dobigny), les mêmes que ceux qui travaillaient, au même moment, pour Manet ou Degas. Car Corot, contemporain de Delacroix, est d’une génération antérieure à celle de la «nouvelle peinture», initiée par Degas et des Manet; c’est avec ses figures, plus qu’avec ses paysages qu’autour de 1850-60, qu’il entre en dialogue avec eux, comme le montre la Dame en bleu. L’exposition entend mettre en évidence le rôle essentiel que joue les figures de Corot dans l’émergence de la peinture moderne, notamment dans la question qu’il pose avec une forme de réalisme et le rôle du modèle.

Elle entend aussi montrer la diversité et la versatilité de la production en ce domaine. Si ses variations autour du thème de l’Italienne ou de la Grecque, de la Femme lisant ou de la Femme à la fontaine font entrer le spectateur dans un univers poétique d’une insaisissable mélancolie, qui sait aujourd’hui que Corot a exécuté des magnifiques et spectaculaires nus, certains animés d’une étrangeté quasi surréaliste comme Le Nu à la panthère du musée de Shelburne? Si son univers se construit autour de la figure féminine qu’il magnifie, notamment dans les monumentales effigies de la fin de sa vie, l’homme n’est pas absent, dans les séries qui sont présentées elles-aussi, des moine lisant ou faisant de la musique et des hommes en armures. Cette exposition, qui met au jour le moment de basculement entre romantisme et réalisme, entre romantisme et impressionnisme, apporte un éclairage nouveau sur l’un des génies de la peinture française du 19e siècle, trop facilement réduit à son activité de paysagiste.
adresse du Musée 2, rue Louis-Boilly 75016 Paris – France

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