Sophie Sainrapt: la liberté de la femme

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Ce qui interpelle lorsqu’on pénètre dans l’atelier de Sophie, ce n’est pas l’étalage de la nudité, c’est le respect dû à l’amour du corps. Ce corps jubilatoire qui exprime toute la reconnaissance de cette grande liberté que lui accorde l’artiste.

Le corps livré, comme brut de tout décor, avec cette vérité crue qui jamais ne dérange. Le talent permet tout et la personnalité sans compromis de Sophie Sainrapt émeut.

La démarche s’étend jusque dans le choix des supports et des médias utilisés. On comprend alors que ce parti pris n’a absolument rien de racoleur. Sophie exprime son plaisir à mouiller le papier, utilisant le grain comme une peau réactive à la substance liquide, jusqu’à toucher l’intangible pour mieux goûter l’amour et caresser la vie.

Dans les postures scandaleusement normales qu’elle inflige à ses modèles, les couleurs coulent et s’amusent ; les rousses, les bistres, les bleus outremer, les noirs et blancs méditerranéens, les ors mats des japonaises…tout est sensualité, beauté, plaisir interlope, gisements chromatique, prisme de l’émotion, érotisme de l’œil. Elle pourrait être une contraction de Gustav Klimt et Egon Schiele décomplexés.

Après des études de droits abouties Sophie Sainrapt entre au Sénat. Une carrière très sérieuse s’ouvre alors à la jeune femme, qui, parallèlement s’intéressera au dessin.

Elle va suivre alors des cours privés sous la direction d’Hashpa. En 1995, elle fonde son atelier personnel à Paris et s’ensuit une période féconde qui va révéler toutes les facettes artistiques de la jeune plasticienne.

Du dessin marouflé à la céramique, en passant par la technique de la gravure au linoléum, elle devient tout naturellement l’illustratrice de nombreux ouvrages de bibliophilie consacrés à Eros et ses jardins des délices.

Les éditions Pasnic, Renard Pâle et Area, lui consacrent une place de choix dans leur florilège éditorial.Elle illustrera ainsi avec son talent débridé : Paul Verlaine, Jean de la Fontaine, Georges Bataille, Pierre Louÿs, Christian Noorbergen, Fernando Arrabal, René Vivien, ainsi que des ouvrages en duo avec Françoise Monnin et Pascal Aubier. Lettres à l’être et Secrets d’atelier.

Cette blessure, chantée par Léo Ferré me vient en tête et je me souviens des paroles – que Sophie, inconsciemment illustre au quotidien – « Cette blessure, comme un parfum qui traîne à la marée, qui se referme au marbre du couteau, drapée de soie sous son triangle noir…cette blessure dont je viens…comme une couture sur le plaisir, comme une cicatrice de la nuit… ».

Avec Sophie, l’effeuillage de la marguerite tombera forcément sur passionnément

Portait réalisé Par Mylène Vignon

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